À l’intention des familles et des proches des employés d’Urgences-santé

Soucieuse de ses employés et consciente des défis qu’ils doivent relever quotidiennement, la Corporation d’urgences-santé a mis sur pied depuis 2017 un programme de prévention de la santé psychologique au travail pour l’ensemble de ses employés.

Bien que les différentes initiatives qu’il contient permettent de mettre en lumière l’importance du rôle d’une organisation pour préserver et améliorer la santé psychologique de ses employés, la Corporation reconnaît également le rôle essentiel joué par la famille et les proches des employés.

Conformément à la norme nationale du Canada sur la Santé et sécurité psychologique en milieu de travail (CSA Z1003.1.), le soutien social apporté par la famille et les proches des employés est un élément clef dans la prévention et la détection de la détresse psychologique.

Conséquemment, ce site Web poursuit deux objectifs :

  1. Faire connaître à la famille et aux proches des employés de la Corporation les différents efforts qui ont été déployés jusqu’à maintenant en matière de prévention et de dépistage en santé psychologique.
  2. Outiller la famille et les proches des employés de la Corporation à détecter des signes de détresse psychologique et les soutenir.

Les scénarios et la résolution de ces situations ont été rédigés par les psychologues à l’interne sur Urgences-santé, soit Josée Coulombe et Jean-Sébastien Ricard St-Aubin.

Le programme

Pourquoi un tel programme?

Les problèmes de santé psychologique figurent aujourd’hui parmi les principales causes d’absence du travail au sein des organisations (Pelchat & Gosselin, 2013). Pour conséquence, il est estimé que les troubles dépressifs et anxieux coûtent, à eux seuls, environ 1000 milliards de dollars américains en productivité perdue sur l’économie à travers le monde (Organisation mondiale de la Santé, 2019). Selon ce même organisme, les milieux de travail qui organisent des activités de prévention en santé psychologique retireraient des gains en termes de réduction d’absentéisme et d’augmentation de la productivité de leurs employés.
Puisque la nature de leur travail les amène à être exposés directement ou indirectement à des événements à stress élevé ou potentiellement traumatiques, il est de plus en plus reconnu que les employés affectés aux services préhospitaliers d’urgence et au service direct à la clientèle comme les paramédics et les répartiteurs médicaux d’urgence (centrale d’appels) sont une sous-population de travailleurs plus à risque de développer des problèmes de santé mentale de l’ordre du trouble de stress aigu ou du trouble de stress post-traumatique ou encore des problèmes de santé psychologique conséquents à l’effet cumulatif d’expositions répétées.

En quoi consiste ce programme?

Ce programme comprend divers volets qui visent principalement à informer et à repérer rapidement les employés pouvant souffrir de détresse psychologique et, le cas échéant, offrir du soutien de même que du référencement à des ressources appropriées et spécialisées.
Bien que le système de pairs aidants ait été l’initiative majeure ayant propulsé le programme de prévention de la santé psychologique au travail, d’autres initiatives un peu moins connues sont également déployées. Le programme est appelé à se développer et d’autres initiatives s’ajouteront au cours des prochaines années en fonction des besoins perçus sur le terrain.
Volet dépistage et soutien par les pairs
Offert uniquement aux paramédics et aux répartiteurs médicaux d’urgence pour le moment, il s’agit d’un soutien offert par des collègues paramédics et des répartiteurs médicaux d’urgence. Ces derniers ont été proposés par leurs pairs sur la base de leur crédibilité auprès des collègues et de la confiance qu’ils inspirent.
Il est à noter que pour devenir pair aidant, chaque employé a dû se soumettre à une entrevue de sélection en plus d’avoir suivi une formation de deux jours offerte par la psychologue d’Urgences-santé. Cette formation, à la fois théorique et pratique, les forme à une approche d’intervention spécifique, recommandée par les experts internationaux en matière de stress et de trauma pour les intervenants d’urgence tels que les paramédics et les répartiteurs médicaux d’urgence.
Les pairs aidants sont formés pour:

  • Dépister les employés vivant des difficultés ou de la détresse psychologique et leur offrir du soutien;
  • Intervenir à la suite d’une intervention considérée à stress élevé à la demande d’un collègue;
  • Procéder à un suivi dans les 24 h à 48 h suivant l’intervention à stress élevé pour s’assurer que le collègue récupère bien.

Veuillez noter que tous les employés ayant rempli une déclaration d’incident à stress élevé, mais qui n’ont pas souhaité la présence d’un pair aidant, sont tout de même contactés par la psychologue d’Urgences-santé qui procède également à un suivi dans les 24 h à 48 h suivantes pour vérifier la récupération des employés.
Volet information et sensibilisation à la santé psychologique par la présence de kiosques
Animés par des pairs aidants, ces kiosques, qui sont présents deux fois par année, sont une occasion de parler de la santé psychologique sans tabous ni préjugés ! À titre d’exemple, des thématiques telles que la santé mentale chez les hommes et les femmes, le suicide et la résilience psychologique ont été abordées antérieurement.
Des formations offertes aux gestionnaires sur la santé psychologique au travail
Puisqu’ils côtoient régulièrement les employés, nous avons la conviction à Urgences-santé que les gestionnaires représentent des acteurs de premier plan pour repérer les employés qui manifestent des signes de détresse psychologique. Conséquemment, une majorité de gestionnaires ont été invités à suivre une formation d’une journée offerte par la psychologue d’Urgences-santé afin de les sensibiliser sur différentes problématiques qu’eux-mêmes et leurs employés peuvent rencontrer au travail et ainsi promouvoir une approche de prévention en matière de santé psychologique auprès de leurs employés.
Le programme d’aide aux employés (PAE)
Tous les employés d’Urgences-santé peuvent bénéficier du programme d’aide aux employés fournis par la firme Morneau Shepell. Au total, chaque employé bénéficie d’un total de huit séances par année qui peuvent être utilisées pour lui-même ou l’un de ses proches (enfant ou famille). Bien que ces séances puissent être utilisées pour un soutien de nature psychologique, elles peuvent servir également à obtenir des conseils financiers, juridiques ou liés à la nutrition. Le numéro sans frais est le 1 844 880-9143.

 
Le rôle de la famille ou du proche

Quel est le rôle de la famille ou du proche en prévention de la santé psychologique au travail?

Les avancées en recherche ont démontré clairement que le soutien par les proches et les amis est un des facteurs de protection les plus puissants pour préserver une bonne santé psychologique. En effet, le manque de soutien social a été maintes fois associé à une plus grande sévérité des symptômes psychologiques de même qu’à une récupération plus lente, et ce, pour un grand nombre de troubles psychologiques (Wang, Mann, Lloyd-Evans, Ma, & Johnson, 2018). Qu’il s’agisse d’une période difficile à traverser, d’un problème de santé mentale qui s’est installé ou d’une accumulation de facteurs de stress, la présence de proches et d’amis autour de soi représente une aide précieuse pour soutenir un employé qui souffre psychologiquement. Ce soutien peut prendre plusieurs formes, soit une écoute attentive, des conseils, des références ou encore de l’accompagnement.

Comment jouer votre rôle de soutien?
  • En étant présent et en lui signifiant qu’il ou qu’elle peut compter sur vous;
  • En étant observateur et vigilant afin de repérer différents indices de détresse psychologique. En effet, la détresse psychologique se détecte principalement par des changements notables et durables dans les comportements et les attitudes de la personne. Ceux-ci peuvent toucher à la fois la vie personnelle et professionnelle de l’employé.

Sans être exhaustive, voici une liste de comportements généraux et observables qui peuvent représenter des changements notables et durables chez une personne:

  • Appétit moindre ou, au contraire, augmentation de l’appétit;
  • Consommation plus fréquente qu’à l’habitude d’alcool ou de substance;
  • Changement au niveau de l’humeur (facilement irritable, tendu ou émotif);
  • Signes évidents de fatigue (yeux bouffis, traits tirés);
  • Baisse d’entrain ou de motivation pour des activités qu’il appréciait;
  • Absences fréquentes du travail;
  • Isolement, diminution des contacts avec ses amis;
  • Oublis fréquents, air absent, attention fluctuante.

 
Ressources et Aider votre proche

Comment aider votre proche dont le comportement vous inquiète?

Bien que la situation dicte en grande partie la façon d’aborder une personne, voici quelques règles de base permettant d’ouvrir le dialogue et ainsi aider votre proche à se confier:

  • Tout d’abord, exprimez-lui ouvertement vos inquiétudes, partagez-lui vos observations et mentionnez-lui que vous souhaitez l’aider;
  • Ensuite, posez-lui quelques questions sans tenter d’investiguer les causes de son état; respectez son rythme.
Quelques exemples de réactions possibles exprimées par votre proche et des ressources pour vous aider

Votre proche ne nie pas vos observations, mais refuse d’en parler

  • Soyez patient et n’insistez pas;
  • Donnez-lui du temps et réitérez votre disponibilité lorsqu’il sera prêt à en parler;
  • Rappelez-lui les ressources disponibles:
    • Les pairs aidants d’Urgences-santé
    • PAE – Urgences-santé: 1 844 880-9143
    • Ordre des psychologues: centre d’appels pour les personnes à la recherche d’un professionnel
      514 738-1223 ou 1 800 561-1223
    • CLSC de votre secteur: hwww.sante.gouv.qc.ca/repertoire-ressources/clsc/


Votre proche réfute vos observations et nie se sentir différent ou mal en point

  • N’insistez pas pour le convaincre;
  • Rappelez-lui simplement que s’il a besoin de vous, vous êtes là et qu’il peut compter sur vous;
  • Demeurez vigilant et observateur;
  • Gardez en tête:
    • que cela peut prendre du temps pour qu’une personne reconnaisse avoir des difficultés et admettre qu’elle a besoin d’aide;
    • qu’il est fréquent d’observer, chez les personnes dont le travail est de donner des soins, une réticence à dévoiler leur vulnérabilité et reconnaître qu’elles ont elles-mêmes besoin d’aide;
    • que votre proche (à moins d’un enfant) est maître de ses choix et de sa vie.


Votre proche, en plus de présenter des changements notables dans son fonctionnement, verbalise des propos inquiétants de découragement, laissant présager la présence d’idées suicidaires:

  • Abordez directement la question et partagez vos craintes:
    • Ex.: «Quand tu parles de cette façon cela m’inquiète, est-ce que tu penses à en finir? À mettre fin à tes jours? Est-ce que cela t’a effleuré l’esprit?»
  • Ne restez pas seul avec cette inquiétude, faites appel à des ressources en prévenant votre proche, en toute transparence, de ce que vous allez faire;
  • Le mieux est d’obtenir sa collaboration, en lui démontrant les avantages d’accepter que vous l’aidiez dans ses démarches;
  • Gardez en tête:
    • que parler de suicide avec une personne ne l’incitera pas à poser ce geste.


Ressources utiles

  • Suicide-action: 1 866 277-3553 (1 866 APPELLE)
  • Centre de prévention du suicide de votre région
  • Urgence de votre hôpital
  • Info sociale: 811
  • Tel-aide (Ligne d’écoute 24/7): 514 935-1101

 
De l’information supplémentaire

Quelques attitudes gagnantes à adopter
  • Même si votre priorité est d’aider votre proche, ne négligez jamais de prendre soin de vous, car comment aider quelqu’un quand on est soi-même épuisé:
    • Ne négligez pas vos propres besoins;
    • Portez attention aux signes de stress et de fatigue;
    • Accordez-vous du temps personnel pour des activités qui vous font du bien;
    • Restez en contact avec vos amis;
    • Acceptez vous-même d’être aidé.
  • Évitez d’agir à la place de votre proche, son rythme n’est pas le vôtre.
  • Si votre proche fait des démarches pour obtenir de l’aide et si vous êtes vraiment inquiet de ses comportements, sachez:
    • Que vous pouvez demander d’être présent à la rencontre initiale d’évaluation. Si votre proche y consent, vous pourrez y assister;
    • Que les professionnels consultés sont tenus à la confidentialité et au secret professionnel. Si votre proche n’a pas consenti à ce que vous l’accompagniez, aucune information confidentielle ne vous sera transmise (diagnostic, traitement, etc.).Dans cette situation, vous pourrez tout de même transmettre vos observations et les informations sur le comportement et les attitudes de votre proche;
    • Vous pourrez également demander des conseils aux professionnels sur la meilleure façon d’agir pour soutenir votre proche.
Bon à savoir

Les observations cliniques et la recherche ont permis de constater que la détresse psychologique s’exprime différemment chez les hommes et les femmes:

  • Chez les hommes, les états dépressifs vont avoir tendance à se manifester davantage par des comportements irritables, voire agressifs, et par la consommation de substances (alcool, marijuana, etc.);
  • Ils sont plus enclins à répondre à des questions portant sur ses réactions et agissements dans une situation difficile que d’élaborer sur ses sentiments et émotions, questionner leurs réactions et leurs agissements peut faciliter les hommes à dévoiler leur vulnérabilité plutôt que de les aborder par la question «Comment te sens-tu?»
  • Chez les femmes, on va observer généralement davantage de la tristesse et un discours de dépréciation de soi et de culpabilité;
  • Elles ont davantage le réflexe d’aller chercher de l’aide psychologique lorsqu’elles en ont besoin ou de faire appel à leur réseau social pour les soutenir émotionnellement.
Sources